(Dans notre série consacrée au Capital humain, un zoom sur le coaching).
Longtemps, je me suis demandé «mais pourquoi n’ai-je pas eu un coach pour m’empêcher de faire des bêtises ?». Je trouvais deux réponses : d’abord mes employeurs ne devaient pas assez croire en mes potentialités ; ensuite ce n’était pas forcément dans l’air du temps à la fin des années 90 ! Et puis, pour être tout à fait honnête, je n’étais pas prêt, je ne l’aurais pas accepté. J’avais la certitude que le cours des choses était inéluctable. Il faut toujours laisser le temps faire son œuvre et en rabattre sur ses propres certitudes. Je dis souvent qu’on ne doit pas confondre certitudes et convictions. Les certitudes figent la pensée ; les convictions invitent à l’échange. Comment disséquer le capital humain sans parler de coaching ? J’ai remarqué que dans mon blog http://mceogroup.blogspot.fr/ en cinq ans d’existence, je ne l’avais jamais vraiment évoqué ! Et pourtant le développement personnel est un levier dans la communication managériale.
Beaucoup de gens s’auto désignent « coach ». Les coachs sont comme les feuilles mortes, ils se ramassent à la pelle ! Non seulement tout le monde « est » coach mais tout le monde veut «son » coach ! Entre le coach que l’on vous impose pour un coaching non désiré ; un coaching souhaité avec un coach inapproprié ; un coach efficient avec une lettre de mission floue ; un coach payé par l’entreprise pour une mission et un coaché qui attend autre chose… bref pas facile de se reconnaître dans toutes ces contradictions. Alors la profession (de quoi au fait ?) décide de se… professionnaliser. Syndicat, école, formation etc. Il y aurait donc les bons coachs d’un côté, les coachs certifiés et les autres ceux qui ne le sont pas, donc qui n’ont pas le droit de se déclarer coach. Ah si c’était aussi simple que cela… la preuve il existe plusieurs définitions du coaching, de l’accompagnement, du développement personnel. La mienne est très simple, accessible au plus grand nombre : « Coacher c’est emmener une personne d’un point A à un point B » ! C’est tout bête, mais c’est aussi simple que cela. Alors bien sûr, il y a quelques méthodes : L’écoute, la reformulation, tout ce qui concerne la représentation, le triangle de Karpman, les 4 M, les 5 S, etc. Mais un bon technicien, fait-il un bon coach ? Catherine Caillard, papesse du coaching l’a écrit « Il n’est ni nécessaire, ni suffisant, d’avoir fait une formation pour être coach ». En fin de compte, pour être coach, il faut être légitime, avoir une capacité d’écoute, être très lucide sur ses propres convictions, sa personnalité et maîtriser des outils judicieux. Reprenons ces points :
La légitimité : il faut bien avoir quelque avantage à prendre de l’âge ! Coacher un manager ou un dirigeant dans l’entreprise nécessite un minimum d’expérience. SI vous n’avez jamais connu un comité de direction, vécu des luttes de pouvoir, etc. vous aurez quand même beaucoup de difficultés à coacher un client ! Si vous faites une belle formation de coach sans avoir mis pieds dans une entreprise, bon courage ! La théorie, c’est épatant, cela permet de structurer sa pensée, mais la pratique, quand même…
Se connaître : il faut bien avoir quelque avantage à prendre de l’âge ! Là aussi… « Apprends-toi à te connaître et une fois que tu te connais, quittes-toi ! ». Qui d’entre nous ne s’est pas quitté au moins une fois pour se retrouver, là encore aura beaucoup de mal à coacher ! Bon courage ! Mon maître Jean Dutourd, disait que les journalistes qui professaient dans des Ecoles de Journalisme étaient des journalistes ratés. Un journaliste, sa place est dans un journal ! Idem pour les coachs/Psy ! Un coach n’est pas un psy. C’est fondamental de le redire. Si vous êtes mal dans votre peau d’une façon ontologique, allez voir un psy dans son cabinet. En revanche, un coach qui a fait un réel travail sur lui-même sera plus facilement en empathie avec vos questionnements, vos envies, etc.
Des trucs et astuces méthodiques : il faut bien avoir quelque avantage à prendre de l’âge ! (cf. un peu plus haut). Dernière chose, ne jamais entrer en dépendance avec son coach. Il ne sera jamais votre ami. Si votre coach veut devenir votre pote, fuyez-le ! Il ne pourra plus grand-chose pour vous. Un coach ne peut pas accompagner des personnes de son entourage amical. Coaching et intimité ne font pas bon ménage.
Ce n’est pas facile de faire fructifier le capital humain d’une entreprise ! C’est encore moins facile de faire fructifier son propre capital humain. Et pourtant, pourquoi la demande se fait de plus en plus pressante ? « Je ne sais plus comment faire ? » c’est souvent cette phrase qui revient au début d’un accompagnement. La personne ne sait plus comment faire ? Elle a envie de faire des choses, mais elle ne sait plus… son patron même souvent est perdu…
Oui, c’est de sens qu’il s’agit. De quête de sens. Redonner du sens à ce que l’on fait, pourquoi on le fait, pour qui on le fait…
Pour faire fructifier son capital humain, il faut parfois être aidé par un coach. Lequel ? Celui avec qui vous vous sentirez le mieux. Celui avec qui vous pourrez répondre : « c’est avec lui/elle que j’ai envie de faire un bout de chemin ». Confiance, confiance.
Christophe Le Vaillant
christophe.levaillant@mceogroup.fr