« Et voilà, nous y sommes ! C’est la crise. Une crise comme on n’en a jamais connue. Plus près de la péritonite que la simple crise d’appendicite. Non, vraiment là c’est la crise. Les temps sont terribles. Les entreprises vont fermer les unes après les autres. Les emplois vont être détruits. Le chômage va augmenter. Les banques vont faire faillite. Les Etats vont faire faillite. Nos économies seront englouties (les crédits aussi). Les frontières rétablies. Les billets des monnaies nationales réimprimés (heureusement j’ai encore quelques francs). Il ne sera plus possible pour les inventeurs d’inventer, pour les créateurs de créer, pour les investisseurs d’investir, pour les travailleurs de travailler, pour les managers de manager, pour les communicants de communiquer. Tout est fini. »
A part ça, vous ça va ?
Si vous ne vous êtes pas encore suicidés à la lecture du début e post c’est que vous n’êtes pas encore tout à fait perdus !
Pour tout vous dire là… je n’en peux plus, j’en ai ras- le bol ! Et pourtant je n’ai jamais été aussi calme dans cette tempête médiatique. Je me demande maintenant à quoi ça sert de se lever le matin, si c’est pour rien… Après le crash de 1929, on nous a dit « la crise est derrière nous » ; Après la guerre de 1940, on nous a dit « la crise est derrière nous » ; après le premier choc pétrolier, on nous a dit « la crise est derrière nous » ; après la guerre du Golfe en 1991 on nous a dit « la crise est derrière nous » ; après l’Irak on nous a dit « la crise est derrière nous » ; après la crise de 2008, on a dit « la crise est derrière nous » ; et bien, je vais vous livrer un scoop : au moment de la prochaine crise, celle que nous vivons sera derrière nous !
Je ronchonne, car je suis consterné de voir les ravages que les attentismes, les peurs, sont les prétextes à des comportements qui ne finissent pas de se reproduire. Les premières variables d’ajustements dans les entreprises restent les charges sociales et les frais de communication ou plus exactement : les êtres humains et la communication. Est-ce bien une nouveauté ? Non… rien de neuf sous le soleil… pourtant nous vivons une crise comme… (relire le premier paragraphe). Et ça, ce n’est pas tenable, les mêmes causes reproduisent les mêmes erreurs. C’est justement, quand les choses ne vont pas bien qu’il faut investir à la fois sur les équipes et la comm’interne. C’est justement les postes budgétaires qu’il ne faut pas couper ! Investir sur les Hommes, cela n’a rien de grotesque. On ne peut pas investir sans les Hommes, c’est un fait. Et la comm’interne à toute sa place dans ce dispositif. Plus les affaires vont mal et plus les Hommes, la formation des Hommes, l’entraînement des Hommes font la différence. C’est quand même incroyable que de telles évidences échappent souvent aux dirigeants. Bien sûr, je ne suis pas naïf, je sais que beaucoup de dirigeants y pensent et je sais aussi que c’est désormais le temps qui manque. Oui c’est le temps qui a changé, la vraie crise elle est là : dans la gestion du temps et dans la perception au temps.
Globalement, que cela irrite ou non, il faut dire les choses comme elles sont : les entreprises ne vont pas aussi mal que cela. Ce n’est pas parce que la bourse tousse… que les valeurs boursières toussotent que les entreprises n’ont plus de clients ! Ce n’est pas parce que les Etats sont moins bien gérés que les entreprises que nous devrions tous en pâtir et désespérer ! Et je le maintiens, les entreprises ne vont pas si mal que cela. Il y a de plus en plus de disparités entre les grandes, moyennes et petites structures. Là le bât blesse. Mais, je persiste, le bateau ne coule pas !
Je me souviens que des groupes industriels français qui n’existent plus (Péchiney ou Usinor, vous vous souvenez ?) ont misé pendant des années sur le capital humain. On y parlait de compétences, de la place de l’homme dans l’entreprise, on investissait dans la recherche. Elles mettaient même des produits innovants sur le marché. Tout n’était pas rose, l’Etat à coups de milliards subventionnait, mais on y parlait d’avenir, on misait sur le temps… Il n’y a pas de nostalgie dans mes propos. Le « c’était mieux avant » est aussi un motif pour ronchonner. Elles ont d’ailleurs tellement misé sur les Hommes qu’elles ont été « mangé » toutes crues par des concurrents !!!
Mon maître et ancien patron de jeunesse, l’académicien Jean Dutourd me répétait en boucle cette maxime : « mieux vaut être un pessimiste joyeux qu’un optimiste inquiet ». Je suis donc un pessimiste joyeux c’est-à-dire qu’il ne peut m’arriver que des choses positives à condition que je le veuille ! A moi et à vous tous ! Gardons le moral !
Moi je dis aux communicants, ce n’est pas la première fois, ni la dernière, révoltez-vous ! Ne baissez pas les bras, plus que jamais votre légitimité et votre rôle dans cette période sont cruciaux. Les dirigeants sont dans ce qu’on appelle l’anticipation négative ! Oui… l’anticipation négative… c’est complètement fou ! Ne pas aller de l’avant de peur que des dangers arrivent demain… c’est la porte à l’inertie !!!
On entend que le monde est fou… mais non le monde n’est pas fou…. Le monde même est formidable, nous sommes dans des cycles où il faut aller chercher de la croissance là où elle est, c’est-à-dire dans l’innovation, la recherche, les nouvelles opportunités.
Que cela plaise ou pas : l’entreprise n’a pas vocation à créer de l’emploi, mais à générer un maximum de profits. Mais l’entreprise génère un maximum de profits quand les Hommes qui la composent sont managés, motivés et osons l’écrire ont du plaisir à y venir. Et bien tout cela existe et n’est pas près de s’estomper.
Oui le développement des Ressources Humaines et la communication interne ont de beaux jours devant eux. Innovons nous aussi, renforçons notre légitimité et donnons à nos dirigeants ce qui leur manque le plus actuellement : la sérénité.
PS : Jeudi soir, j’ai animé un débat pour la CCI Grand-Lille un diner débat sur la place du tourisme dans le Nord. Cela ne pouvait pas mieux tomber ! J’ai rencontré des pionniers : des créateurs passionnés d’Estaminets et de jardins primés à Cassel ; des créateurs qui ont fait de leurs rêves une réalité en créant un grand cabaret à côté de Lille ; des créateurs chevaleresques qui ont le punch de créer un Resort unique en Europe. Je vous dis cela car il existe des gens partout ici en France et ailleurs même qui ont un enthousiasme, une envie folle de transformer leurs rêves en réalité. Et ces entrepreneurs ne sont pas étriqués… pour eux le tourisme c’est du business, une ouverture vers l’international. Allez ! Allez ! On se bouge on crée ! La vraie vie économique existe, il faut la rencontrer.
(Extrait du blog de Christophe LE VAILLANT)